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L'Accouplement chez les chats

La puberté
Femelle
La puberté de la femelle survient à un âge variable : souvent vers 9 à 10 mois.
Les facteurs influençant l’age de la puberté sont :
- la saison : le premier oestrus survient généralement au cours du premier printemps suivant la naissance ; en période de jours décroissants, l’activité des ovaires est inhibée par une hormone épiphysaire, la mélatonine ;
- le stade de croissance et le poids : un poids minimum moyen de 2,3 à 2,5 kg est nécessaire ;
- l’environnement : la présence d’autres chats, notamment des mâles adultes, encourage l’apparition de la puberté ; à l’inverse la surpopulation peut la retarder ;
Mâle
La puberté du mâle survient vers 8 à 10 mois, pour un poids minimum de 3 kg à 3,5 kg.
Sa date n’est que partiellement influencée par la saison. Les premiers spermatozoïdes sont présents dans les tubes séminifères vers 7 à 9 mois. Dans certaines races, la puberté physiologique ne coïncide pas parfaitement avec la puberté comportementale : un mâle, quoique fertile, se révèle trop immature pour être capable de réaliser un accouplement.
La saison de reproduction
La femelle a une activité poly-œstrienne saisonnière (fin de l’hiver, printemps, début de l’été). Le comportement d’œstrus apparaît même en l’absence de mâle. En automne et au début de l’hiver, la plupart des chattes n’extériorisent aucun signe de chaleurs ; la situation est parfois différente chez les chattes vivant en appartement, sous éclairage constant.
Le mâle a un comportement sexuel continu. Il peut s’accoupler avec une femelle en oestrus toute l’année. Cependant son activité de recherche des femelles est augmentée dès le début de la période de jours croissants.
Le cycle sexuel
La chatte est une femelle à ovulation provoquée : le plus souvent, c’est le coït qui déclenche l’ovulation ; cependant les cas d’ovulation spontanée, sans accouplement, ne sont pas exceptionnels. On appelle "chaleurs" la période pendant laquelle la chatte accepte le mâle.
La pseudo-gestation : elle se produit s’il y a ovulation sans gestation ; le corps jaune sécrète alors de la progestérone pendant 5 à 6 semaines et les chaleurs suivantes réapparaissent 7 à 10 jours plus tard.
Donc les chaleurs se succèdent à des intervalles de 2 à 3 semaines en l’absence d’ovulation, de 6 à 8 semaines après ovulation sans fécondation.
La gestation :
en cas de fécondation, elle dure de 63 à 66 jours à partir du dernier accouplement.
Le comportement sexuel
Avant l’accouplement
Mâle
Le comportement sexuel des chatons mâles se met en place dès l’âge de 3 ou 4 mois au cours des jeux, il n’est pas rare de voir un jeune matou chevaucher un de ses congénères, de n’importe quel sexe. De même il est amusant d’observer un petit chaton tenter de saillir une chatte en chaleurs, deux fois plus longue que lui; certains réalisent une séquence quasi complète, avec morsure au cou et mouvements pelviens.
Les mâles entiers ont un comportement sexuel continu, moins intense toutefois en automne. Ils peuvent s’accoupler avec une congénère toute l’année, mais leur activité de recherche des femelles est augmentée dès le début de la période de jours croissants. Cette reprise saisonnière n’est pas strictement liée à la stimulation par les femelles en chaleurs : certains recommencent une recherche active d’une partenaire dès fin décembre.
Le mâle est très dépendant de son environnement. Celui-ci doit lui être familier par sa configuration, son odeur (il y dépose des marques olfactives, spray d’urine, frottement des glandes du menton et du front), les personnages et les sons qu’il y remarque.
Certains étalons habituellement actifs, transportés dans un milieu inhabituel, cessent toute activité sexuelle pendant quelques jours à plusieurs mois ; d’autres, plus rares, s’adaptent en quelques heures au point de réaliser une saillie.
En présence d’une chatte, l’étalon augmente notablement ses activités de marquage, surtout urinaire.
Si plusieurs mâles vivent ensemble, ou dans les populations de chats libres, l’augmentation de l’irritabilité et le raccourcissement des distances entre mâles augmente les nombre de conduites agressives intra-spécifiques et de combats. L’agressivité vis à vis de l’homme peut elle aussi être accrue (agression par irritation le plus souvent).
Femelle
La chatte en chaleurs s’aplatit sur le sol, creuse les lombes, patine avec les membres postérieurs, place la queue latéralement en découvrant la zone vulvaire; une stimulation tactile à la base de la queue augmente les mouvements de patinage. La femelle accompagne fréquemment cette attitude de vocalises et de marquage urinaire. Comme dans le cas de l’étalon, un changement de milieu provoque un arrêt du comportement de chaleur, durant de quelques heures à 3 ou 4 jours (le plus souvent 24 à 48 heures), accompagné d’agressivité vis-à-vis du mâle inconnu.
En-dehors de la période des chaleurs la chatte supporte la présence d’un mâle à ses côtés mais le chasse s’il tente de la saillir ; ils peuvent jouer ensemble.
L’accouplement
Environnement de l’accouplement
Si les reproducteurs ne vivent pas au même endroit, c’est la femelle qui se rend chez le male.
Il est important de mettre les partenaires en contact dès le début des chaleurs. Présentée plus tard, la femelle risque de subir la fin de sa période de chaleur avant que son adaptation au milieu ne lui permette d’accepter l’accouplement.
Le local où sont mis en présence les reproducteurs et la surveillance exercée doivent empêcher la chatte de se cacher pour éviter l’étalon. Une femelle peureuse ou agressive pourra être placée quelques heures dans une petite cage ou un panier de transport en présence du mâle pour l’obliger à faire connaissance de ce dernier.
Réalisation de l’accouplement
Après des prémices plus ou moins longs, l’acte sexuel lui-même est rapide.
Le chat circule autour de la femelle, qui se trouve immobile en position ramassée si elle est effrayée, en posture si elle est consentante ; il la flaire, réalise des flehmens (mimiques lui permettant d’analyser les odeurs et phéromones grâce à son organe de Jacobson, situé dans le palais dur en arrière des incisives) ; il émet des miaulements doux et roucoulants et tente des approches par trois quarts arrière. Entre deux chats qui se connaissent et dans un environnement familier, les prémices peuvent se réduire à rien : lorsqu’on introduit la femelle dans le logement du mâle, celui-ci est déjà sur elle au moment où ses coussinets touchent le sol ! A l’inverse, si les partenaires ne se connaissent pas et que la chatte est apeurée, les travaux d’approche de l’étalon peuvent durer plusieurs heures à plusieurs jours.
L’étalon, dès que la diminution de l’agressivité de la chatte le lui permet, la flaire, l’approche latéralement, la chevauche d’un mouvement vif accompagné d’un miaulement ou d’un roucoulement, et saisit entre ses dents la peau de la femelle en avant du garrot. Cette prise a pour effet d’immobiliser la femelle.
La chatte expose sa vulve et patine avec les membres postérieurs. Si elle y manque, l’étalon la remet en place par des coups de patte de ses propres postérieurs.
L’intromission du pénis, muni de papilles cornées, immédiatement suivie par l’éjaculation, se reconnaît aux signes suivants :
- - le mâle arrête ses mouvements de recherche de la vulve et vousse les lombes ;
- - la femelle grogne ou crie et augmente ses mouvements de patinage.
Certains étalons maintiennent leur prise quelques secondes, d’autres lâchent immédiatement la peau du cou de la chatte.
Le mâle s’éloigne et procède après quelque temps à la toilette de ses organes génitaux, tandis que la femelle manifeste une intense excitation, se roule convulsivement, puis lèche sa vulve, se gratte et se toilette.
La plupart des chattes résistent à un nouvel accouplement et se montrent agressives avec les mâles durent une vingtaine de minutes ; certaines femelles toutefois acceptent très rapidement une nouvelle saillie, dès la fin de la période d’excitation. Le mâle, lui, respecte en général une période de repos de 5 à 15 minutes avant de tenter une nouvelle saillie.
La stimulation des zones génitales déclenche un réflexe neuro-hormonal, à l’origine d’une libération de LH par l’anté-hypophyse, responsable de l’ovulation. Ce mécanisme n’est généralement mis en jeu qu’après plusieurs accouplements d’une durée suffisante ; à l’opposé, une chatte sur cinq est capable d’ovulation spontanée, sans mise en présence de mâle ni accouplement, ce qui peut expliquer certains cas de chaleurs rares ou de pseudo-stérilités.
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